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de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

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Bonjour, je m'appele Ciel grommen, je suis une artiste basée en Belgique, et il y a cinq ans j'ai fait un master en art contemporain à la HEAD ici à Genève, c'était un master où j'ai pu me repositionner vers l'architecture, le domaine dans lequel je suis initialement formée.

J'ai développé ici une méthodologie de recherche que j'utilise encore aujourd'hui. C'est une méthodologie de recherche que j'appelle, la recherche par l'habitation. La plupart des projets partent d'un lieu qui est symbolique d'une certaine manière. C'est symbolique pour certains sujets qui m'intéressent et d'une influence globale, alors l'habitation doit être comprise dans un sens large. J'y passe beaucoup de temps, je me donne un rôle, et j'établis des relations avec d'autres habitants de cet espace. J'observe, j'expérimente, j'essaie des choses. Ce qui m'inspire, c'est la manière dont cette expérience très située se rapporte au débat général sur un lieu.

Pendant quelques années, mon travail s'est concentré sur les lieux extraterritoriaux. Des espaces d'exception, où une autre loi et une loi nationale s'appliquent. Comme les zones frontalières, les camps de réfugiés, les ports francs.

Le projet que je présente ici porte sur la zone frontalière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. On l'appelle la zone démilitarisée, la DMZ. En soulignant le fait qu'elle a été créée pendant un armistice, c'est donc une frontière qui simbolise une guerre qui n'a pas pris fin. Ce qui m'a frappé, c'est la beauté du paysage, le silence et la nature. L'isolement, tout au long des 250 kilomètres de la DMZ a notamment créé une réserve naturelle involontaire, habitée par plusieurs espèces animales et végétales en voie de disparition. Je n'étais bien sûr pas la seule à le remarquer. Même les soldats pointaient du doigt les magnifiques oiseaux qu'ils avaient repérés avec leurs jumelles. Il n'est donc pas surprenant que ce refuge unique suscite l'intérêt du monde entier.

Après deux semaines d'excursion dans cette région étrange, je suis rentrée à genève, la ville des nations unies. Comme ma façon de travailler implique beaucoup de débats et de présence physique, j'ai décidé de me concentrer sur ce débat international et j'ai découvert que l'UICN, ou l'union internationale pour la conservation de la nature, a depuis un certain temps répandu l'idée de préserver cette zone frontalière, en la transformant en un parc de la paix.

Un parc de paix et une réserve naturelle ? Géré par deux états frontaliers et hostiles.

L'UICN a organisé différents séminaires internationaux sur cette idée. des expositions et autres et l'isolation commence vraiment à partir de ces documents. Il s'agit d'une sélection de documents qui ont façonné ce débat.

Avec une découpeuse laser, je découpe des plans qui sont en danger critique d'extinction et situés dans cette zone. Comme une sorte de barrière d'aide, cette action détruit les documents d'une certaine manière, mais en même temps elle les rend vivants.

A côté du dépliant, on trouve une carte peinte sur le mur. Il s'agit de la chaîne de montagnes Baekgdudaegan. c'est l'épine dorsale de la péninsule coréenne. Savez-vous que dans la langue coréenne, il n'existe pas un seul mot pour désigner la Corée ? Le Baekgdudaegan est un symbole très important pour l'identité de cette île. et sicne en Asie, les montagnes sont considérées comme sacrées, il est aussi dans la plupart des cas très bien conservé. Par conséquent, je me demande si cette montagne n'est pas le véritable parc de la paix que nous devons voir.

En tant qu'architecte, je suis fascinée par les cartes, mais en même temps, je comprends qu'une carte n'est pas du tout innocente, surtout ici. Une simple carte sur un papier a eu d'énormes conséquences sur la vie de nombreux acteurs humains et non humains. Je voulais faire une carte sans frontières, sans lignes fermées.

J'ai donc trouvé une peinture d'un palais de la dinastie Dongwoldu, un royaume datant de l'époque où le peuple coréen était encore uni. Et il était situé dans ces montagnes. De cette peinture j'ai pris un détail de ces montagnes et je l'ai transformé en ce dessin. Et de cette façon, je peux maintenant présneter une carte, qui n'existe maintenant que des lignes parallèles. et montre un territoire d'assemblage, un territoire d'identité qui n'est pas fermé, et qui est ouvert.

 

Cette œuvre a été présentée dans le cadre de l'exposition CONCERNÉ·E·S : 30 30 ARTISTES FACE AUX QUESTIONS HUMANITAIRES, du 27 avril au 26 septembre 2021.


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Ciel Grommen, 2014. © Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève.


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Bonjour, je m'appele Ciel grommen, je suis une artiste basée en Belgique, et il y a cinq ans j'ai fait un master en art contemporain à la HEAD ici à Genève, c'était un master où j'ai pu me repositionner vers l'architecture, le domaine dans lequel je suis initialement formée.

J'ai développé ici une méthodologie de recherche que j'utilise encore aujourd'hui. C'est une méthodologie de recherche que j'appelle, la recherche par l'habitation. La plupart des projets partent d'un lieu qui est symbolique d'une certaine manière. C'est symbolique pour certains sujets qui m'intéressent et d'une influence globale, alors l'habitation doit être comprise dans un sens large. J'y passe beaucoup de temps, je me donne un rôle, et j'établis des relations avec d'autres habitants de cet espace. J'observe, j'expérimente, j'essaie des choses. Ce qui m'inspire, c'est la manière dont cette expérience très située se rapporte au débat général sur un lieu.

Pendant quelques années, mon travail s'est concentré sur les lieux extraterritoriaux. Des espaces d'exception, où une autre loi et une loi nationale s'appliquent. Comme les zones frontalières, les camps de réfugiés, les ports francs.

Le projet que je présente ici porte sur la zone frontalière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. On l'appelle la zone démilitarisée, la DMZ. En soulignant le fait qu'elle a été créée pendant un armistice, c'est donc une frontière qui simbolise une guerre qui n'a pas pris fin. Ce qui m'a frappé, c'est la beauté du paysage, le silence et la nature. L'isolement, tout au long des 250 kilomètres de la DMZ a notamment créé une réserve naturelle involontaire, habitée par plusieurs espèces animales et végétales en voie de disparition. Je n'étais bien sûr pas la seule à le remarquer. Même les soldats pointaient du doigt les magnifiques oiseaux qu'ils avaient repérés avec leurs jumelles. Il n'est donc pas surprenant que ce refuge unique suscite l'intérêt du monde entier.

Après deux semaines d'excursion dans cette région étrange, je suis rentrée à genève, la ville des nations unies. Comme ma façon de travailler implique beaucoup de débats et de présence physique, j'ai décidé de me concentrer sur ce débat international et j'ai découvert que l'UICN, ou l'union internationale pour la conservation de la nature, a depuis un certain temps répandu l'idée de préserver cette zone frontalière, en la transformant en un parc de la paix.

Un parc de paix et une réserve naturelle ? Géré par deux états frontaliers et hostiles.

L'UICN a organisé différents séminaires internationaux sur cette idée. des expositions et autres et l'isolation commence vraiment à partir de ces documents. Il s'agit d'une sélection de documents qui ont façonné ce débat.

Avec une découpeuse laser, je découpe des plans qui sont en danger critique d'extinction et situés dans cette zone. Comme une sorte de barrière d'aide, cette action détruit les documents d'une certaine manière, mais en même temps elle les rend vivants.

A côté du dépliant, on trouve une carte peinte sur le mur. Il s'agit de la chaîne de montagnes Baekgdudaegan. c'est l'épine dorsale de la péninsule coréenne. Savez-vous que dans la langue coréenne, il n'existe pas un seul mot pour désigner la Corée ? Le Baekgdudaegan est un symbole très important pour l'identité de cette île. et sicne en Asie, les montagnes sont considérées comme sacrées, il est aussi dans la plupart des cas très bien conservé. Par conséquent, je me demande si cette montagne n'est pas le véritable parc de la paix que nous devons voir.

En tant qu'architecte, je suis fascinée par les cartes, mais en même temps, je comprends qu'une carte n'est pas du tout innocente, surtout ici. Une simple carte sur un papier a eu d'énormes conséquences sur la vie de nombreux acteurs humains et non humains. Je voulais faire une carte sans frontières, sans lignes fermées.

J'ai donc trouvé une peinture d'un palais de la dinastie Dongwoldu, un royaume datant de l'époque où le peuple coréen était encore uni. Et il était situé dans ces montagnes. De cette peinture j'ai pris un détail de ces montagnes et je l'ai transformé en ce dessin. Et de cette façon, je peux maintenant présneter une carte, qui n'existe maintenant que des lignes parallèles. et montre un territoire d'assemblage, un territoire d'identité qui n'est pas fermé, et qui est ouvert.

 

Cette œuvre a été présentée dans le cadre de l'exposition CONCERNÉ·E·S : 30 30 ARTISTES FACE AUX QUESTIONS HUMANITAIRES, du 27 avril au 26 septembre 2021.


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Ciel Grommen, 2014. © Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève.


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